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Avantages des dérives De loin la grande majorité des catamarans de croisière a des ailerons fixes. Les fabricants français de renommée mondiale, produisent 95% de leur production pour l'industrie du charter et font d'excellents catamarans. Ces bateaux ont des intérieurs vastes, des finitions de haute qualité, et sont parfaitement adaptés aux familles nombreuses vivant à bord, ou au charter. Cette industrie du charter, boostée par les subventions fiscales pour l'investissement dans les Antilles françaises, a une influence manifeste sur la conception et les spécifications des bateaux dans leurs flottes, mais aussi sur les autres constructeurs destinant leurs bateaux aux propriétaires privés. Le cahier des charges des catamarans de charter est souvent centré sur des vacances de deux semaines entre famille et amis, dans les vents réguliers des Caraïbes, entre des iles espacées de quelques dizaines de milles. Les qualités de ces catamarans ne sont pas axées sur la performance ou les capacités de remontée au vent, mais plutôt sur la possibilité de vivre sur un bateau dans un confort inégalé pour un coût raisonnable. Cependant les catamarans à dérive ont plusieurs avantages sur leurs pendants à ailerons, certains de ces avantages -tels que la possibilité de mouiller devant la plage ou le restaurant, là où aucun autre bateau ne peut aller- étant bien connus, mais d'autres l'étant beaucoup moins. Capacité de remontée au vent: suivant les conditions de la mer, un catamaran à ailerons pointera de 5 degrés en plus, et perdra 2 à 5 degrés de moins en dérive. Cela peut sembler peu, mais à vitesse égale, un catamaran remontant à 54º mettra 20% plus de temps pour atteindre sa destination au vent qu'un catamaran remontant à 45º, augmentant son exposition au mauvais temps ou obligeant à une arrivée de nuit. Vent arrière et surfs: en vent arrière dans les mers très formées, même un catamaran de charter lourd peut atteindre des vitesses exceptionnelles au dessus de 20 nœuds au surf. Dans ces conditions, le volume des ailerons agira comme un frein, et en combinaison avec la poussée sur les voiles, entrainera les étraves vers le bas, avec le risque de voir le bateau s'arrêter soudainement, et à l'extrême, faire un soleil. Cela ne peut pas arriver avec un catamaran à dérives. De plus, en relevant les dérives et lofant un peu, on peut augmenter son vent apparent tout en avançant en crabe plus rapidement vers sa destination. Virements de bord et sensations de barre: On reproche souvent aux catamarans de croisière, de virer difficilement et de ne donner aucune sensation à la barre. Cela est certainement vrai pour les catamarans lourds à ailerons, mais beaucoup moins pour ceux équipés de dérives. Dans les mers croisées, la seule option pour les catamarans lourds est d'essayer de virer de bord avec le foc à contre. Les monocoques n'ayant qu'une quille, vireront toujours plus rapidement que les multicoques, de même que les catamarans à dérives auront plus de répondant que les catamarans à aileron. Manœuvrabilité avec un seul moteur: Si vous utilisez un seul moteur et relevez la dérive sur la coque sans moteur en laissant la dérive baissée sur la coque avec moteur, le bateau ira en ligne droite et tournera beaucoup plus facilement. Il y aura beaucoup moins de trainée et le catamaran sera plus équilibré, consommant moins de fuel. Vagues déferlantes: Les caps principaux, y compris en Méditerranée (les fameux Cap Creus ou Cap Béart), sont connus pour leurs conditions extrêmes, où la nécessité de naviguer en toute sécurité devient primordiale. Dans le gros temps, il est impératif de pouvoir permettre au catamaran de "déraper", plutôt que l'encourager à se renverser. Le comportement d'un catamaran dan les vagues de travers est décisif, et la possibilité de pouvoir lever les appendices immergés est essentielle. Collision: Le seul vrai argument psychologique contre les dérives, est la vulnérabilité de ces dérives et des puits en cas de collision. Manifestement la zone la plus critique dans la conception est la construction du puits de dérives, qui doit être la partie structurelle la plus solidement construite. En cas d'impact violent, la dérive doit être conçue pour se briser, sans incidence sur le puits. Le risque de collision est en fait aggravé avec des ailerons, car bien qu'elles puissent résister à de faibles collisions, elles peuvent ouvrir la coque en cas de collision majeure. C'est pourquoi Fountaine-Pajot utilise le même principe d'appendice "sacrificiel" sur ses ailerons, mais ce mode de construction essentiel n'est pas utilisé par beaucoup de constructeurs:
Comparé à un aileron, du fait de sa faible largeur une dérive sera plus facilement endommagée en cas de collision, mais elle a l'avantage indéniable d'offrir la possibilité de les inter-changer entre coques, et de pouvoir faire les réparations sur place sans avoir à sortir le catamaran de l'eau. Fonctionnement: Les ailerons ont la beauté de se faire oublier et de ne nécessiter aucune manœuvre. Beaucoup pensent que manœuvrer les dérives est une opération difficile. Les dérives peuvent sembler lourdes, mais en général la partie immergée est plus légère que l'eau, ce qui rend l'opération très aisée: dans des conditions normales, il faut trois secondes à deux pour relever entièrement une dérive, et pas plus de dix secondes pour une personne seule. Coût: Bien sûr, cette analyse ne serait pas complète sans mentionner le facteur financier. Les foils, les puits, le renforcement de la structure et les accessoires de pont font que les catamarans à dérives relevables sont coûteux à construire; donc la plupart des constructeurs préféreront se limiter aux catamarans à ailerons, pour simplifier la construction et pouvoir proposer un prix d'appel plus alléchant. D'après Gregor Tarjan, Aeroyacht Ltd |